1988-1989: saison régulière

Brooks, le copain


Don Collins, était-il à l'origine de la venue de Brooks à Limoges? Voici une réponse du Cobra qui tue la rumeur: "Non, C'est étonnant mais non. Ils m'ont juste appelé au Japon pour me dire qu'ils l'avaient fait signer. J'étais très surpris parce que je savais qu'ils étaient sur Dan Gay quand je suis parti... C'était une sacrée nouvelle pour moi. Parce que c'est toujours bien de jouer avec quelqu'un que tu connais, avec qui tu as déjà joué. Et, en plus, c'est vrai qu'on est très proches, vraiment très amis."  
En signant Brooks, Limoges avait misé sur un joueur polyvalent et surtout voulait faire d'une pierre deux coups en mettant en avant la complicité des deux ricains: "Pour moi, c'est super d'être avec Don. On se connaît et j'ai une très grande confiance en lui. Je sais que si j'ai besoin, je peux compter sur lui. C'est d'une valeur inestimable pour quelqu'un, qui comme moi, débarque en terre inconnue" rapportait le néo-limougeaud. Elogieux, Collins disait de Brooks qu'il était "un excellent attaquant et un bon défenseur, Michael connaît très bien le basket." Et tout au long de cette saison les deux américains du CSP se sont mutuellement motivés pour se surpasser malgré un dérapage en cours d'année....

Un début de saison chaotique

Limoges commença mal ce championnat en engrangeant deux défaites en trois matchs. Il fallut attendre la 4e journée pour voir le CSP enfin débuter sa saison et montrer un début de cohésion dans son jeu. Il faut dire que cette année là et dans l'optique de la Coupe D'Europe, Gomez avait mis en place des défenses complexes que les joueurs ont eu du mal à assimiler.
Pour sa part Don Collins faisait comme en 1987 un début de saison tranquille, il monta progressivement en puissance jusqu'à la 8e journée face à Montpellier. Ce soir là, confronté à un futur rookie de choc en la personne de Sam Mitchell, Collins aligna 37 pts et surtout retrouva toutes ses sensations, J. Deglane raconta : "Et puis, alors que Montpellier arrivait à 10 longueurs. Don Collins prit l'affaire en mains. Ce Collins que l'on avait vu, souvent depuis le début de la saison, chercher sans le trouver vraiment son registre d'efficacité maximale, parut reconnecter toutes ses sensations pour signer avec autorité 14 des 23 derniers points limougeauds". Jusqu'à ce match Collins tournait à 21,4 pts laissant Brooks menert les débats avec 25,7 pts.

Après l'envol, la chute ....

Avant la 12e journée, Limoges venait d'aligner 8 victoires d'affilé. Cette journée fut le premier gros test de l'équipe, le CSP se déplaçait à Orthez. Ce fut encore une fois un match difficil.  A la 33e minute, Orthez reprenait le match en main, mais Collins 'roi de la moutete' recolla la pression sur les épaules béarnaises. Ce match fut remporté par Limoges 101 à 96 avec un Collins décisif à 31 pts.
A la 14e journée, Limoges se cassa les dents sur Cholet. Collins avec 34 pts ne put rien faire. Les internationaux de Limoges venaient de jouer deux jours plus tôt un match en Pologne.... et surtout Limoges n'avait pas su poser le jeu à l'image d'un Collins qui avait tenté trop de choses difficiles. Cholet avait mis en évidence les carences collectives du CSP et prouvait que le seul Collins en Coupe d'Europe ne suffirait pas... il fallait travailler.

La semaine suivante, le CSP se racheta face à Monaco, Collins avec 36 pts et 4 interceptions fut l'homme du match en l'absence de Brooks sorti sur une disqualifiante. Cette semaine là, limoges débutait sa campagne européenne avant de se déplacer à Mulhouse. Ce fut aussi la semaine choisie par Collins pour 'briller' autrement que par son talent de basketteur. Maxi-Basket avec humour lui décerna l'oscar de la plus grande impulsivité: "La semaine hard de Don Collins. Limoges/Monaco: Brooks et Rolle se font des caresses. Collins s'en mêle. Les deux premiers sont expulsés. Don n'a été remarqué que par les caméras de la télé. Quatre jours plus tard, l'américain du CSP se frictionne avec un yougoslave de Split. Toujours en toute impunité. Le samedi suivant, Limoges accueille Mulhouse. Collins donne un coup de coude à butter. Dans le feu de l'action, il n'aura joué que 2 minutes avant cette fois, d'écoper d'un disqualifiante. Don a promis d'être plus sage désormais". Soucieux de se faire pardonner, la semaine suivante Collins inscrivit 39 pts face à Graveline.

En route vers les play-offs

La fin de la saison se résuma en une série de victoires. Limoges, riche de son expérience européenne, ne fut jamais réellement inquiété en battant Orthez 124 à 101 avec Don Collins qui non seulement mit 29 pts mais offrit 10 caviars à ses camarades. Seillant déclara: "C'est la première fois cette saison qu'il me tarde qu'un match se termine. Ils nous ont menés par le bout du nez".  Même Cholet n'a rien pu faire, battu 96 à 71 avec Don certes à 18 pts mais qui termina meilleur rebondeur de Limoges avec 8 rebonds et meilleur passeur (9 pds).

"Au cours de cette année 1989, Collins aura été la superstar du CSP, le fer de lance, l'individualité au service de l'équipe" dixit le journaliste J-P Dusseaulx.


Ils ont dit

Francis Jordane: "Qu'est ce que possède Collins que les autres n'ont pas? L'opportunité dans les moments délicats de sentir l'exploitation du un contre un dans un schéma. Mais surtout le fait de jouer juste dans le un contre un, parce qu' il y a des moments où on peut le faire et d'autres pas. Lui sait parfaitement sentir ces moments là: il est très très fort pour trouver l'ouverture dans ce que j'appelle les espaces à aides retardées, la ligne de fond en particulier. Là, il n' a pas d'aide immédiate et il prend ce couloir où il devient dangereux parce que, non seulement il sent cet espace, mais en plus il est très vite dans le premier pas."

Francis Jordane: "Il manquait toujours le déclic en attaque, et c'est là que l'apport de Collins a été déterminant. C'est lui qui par ses qualités extraordinaires, a apporté ce déclic, en plaçant ses actions décisives au bon moment, puis en se refondant dans le collectif."

Christian Monschau: "A chaque fin de match, vainqueur ou vaincu, son attitude n'a pas varié. Il est toujours venu serrer les mains, nous dire bravo. Ce n'est pas le cas de tout le monde. Ce type est fair-play, clean."

Freddy Hufnagel : "Ce n'est jamais un joueur tout seul qui fait gagner son équipe. Don, il peut s'exprimer parce qu'il y a quatre joueurs qui jouent pour lui, mais il sait aussi travailler pour les autres, les amener au panier, les mettre en confiance. Il sait faire preuve d'altruisme. T'as vu cette passe arrière pour Dancy, du grand art! mais aussi significatif de l'état d'esprit du joueur."

Don Collins: "Je pense que mon rôle dans l'équipe a changé cette année par rapport à la saison passée. Je n'ai pas besoin de marquer autant de points cette saison, je ne suis plus le facteur dominant de l'équipe. Mais, parce que je l'étais la saison passée, aujourd'hui, tout le monde est sur moi. Celà a facilité les choses pour mes coéquipiers, mais il a fallu que j'adapte mon jeu, et ça a pris quelques semaines pour que je m'y fasse".


 





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