ProfilPortrait d'un homme
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Par
Thierry
Bretagne
Le
regard battu, intense, en amande. Des cernes bleutées. Des rides
d’expression qui lui zèbrent le front et lui barrent les joues, comme
autant de balafres infligées par l’existence. Des sourcils, dessinés à
gros traits : tout cela compose un masque de guerrier africain. Une
gueule qui a pris des coups.
Le joueur
"Regard
de tueur, mental d’airain, ailier de feu,
maître du un contre un ", "sorte de Michael Jordan européen
",
"un tueur au sang froid ", "joueur matador " ,
"regard presque hostile ", " jeu âpre, sans
concession, terriblement
efficace mais si tranchant … comme un diamant "
Vous
l’aurez
compris, Don Collins était avant tout un
guerrier : "sur
le terrain, je n’ai plus d’ami" . Maître du un
contre un, Collins était un ailier rapide. Son jeu n’était pas flashy,
plutôt
sobre, même classique mais particulièrement efficace. Il faisait preuve
d’une
facilité déconcertante et engrangeait les points avec une adresse à
faire pâlir
un pivot. Malgré un gros pourcentage de réussite, il n’était pas ce
qu’on
pouvait appeler un shooteur pur. Son registre reste et restera le un
contre un
et sa finition en
Lay up. Don Collins
était l’assurance vie de Limoges et de beaucoup d’autres clubs où il a
évolué.
Physiquement pas vraiment impressionnant : "je ne suis pas un joueur physiquement costaud, mais je suis plus fort qu’on ne pourrait le croire..", Collins avait pourtant un jeu physique. Il aimait le contact, aller dessous et n’hésitait pas à s’appuyer sur ses adversaires pour shooter, souvent à la limite du passage en force. Certains l’ont dit protégé par les arbitres, ce à quoi il répondait : "sûrement que les défenseurs ne sont pas toujours en bonne position… Non, sincèrement, je ne pense pas être protégé. Je prends pas mal de coups aussi, et çà, on ne le siffle pas toujours non plus. Si je devais shooter tous les lancers francs qu’on me doit, je serais le premier du championnat". Au delà d’être un excellent attaquant, ce qui le rendait plus fort qu’un autre c’est qu’il était l’homme des moments chauds : "mettre des paniers, c’est bien. Les inscrire dans les moments décisifs, c’est mieux. Et à ce jeu, Collins n’a pas d’égal. L’ailier vit pour ces dernières secondes. Forcer les décisions sur un dernier ballon, c’est ce qu’il fait de mieux." (20 ans de basket pro,LNB). Mais j’aurais tort de vous présenter que cette facette du jeu de Collins, car il était surtout un joueur complet capable d’étouffer son adversaire d’un côté du terrain tout en l’enrhumant de l’autre. Et surtout, Collins n’était pas perso ! Il savait jouer pour les autres, prendre le recul nécessaire pour mettre ses coéquipiers en valeur : "Don peut s’exprimer parce qu’il bénéficie du travail de ses coéquipiers, il sait lui aussi travailler pour les autres, les amener au panier, les mettre en confiance. Il sait faire preuve d’altruisme" (Freddy Hufnagel, finale 1989). "dans les moments importants, ce sera toujours Collins qui fera des choses extraordinaires. S’il ne se croit pas obligé de jouer comme le soliste merveilleux qu’il sait être, c’est parce qu’il sait parfaitement ce qu’il faut à son équipe. C’est une belle preuve d’intelligence et de lucidité" JL Monschau ..
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